21 mai 2007
Phrases toutes faites : petite leçon d'interprétation
Au concours de love-coach, elles seraient direct recalées. Mes ces amies-qui-me-veulent-du-bien cherchent juste à me rassurer-booster-conseiller. Et si, au lieu de m'énerver, je choisissais de les écouter...
« Un de perdu dix de retrouvés »
Roger (avec qui je projetais de me marier voire repeupler toute la contrée) vient de me congédier. Pas de quoi pleurer (ni me suicider), me console ma copine Gégé : de retour sur le marché, pas moins de dix gars vont tomber dans mes filets !
Pourquoi ça m’énerve ? C’est Roger que je veux dans mes filets, pas une équipe de foot au grand complet ! Et entre nous, je ne suis pas prof de maths, mais la logique implacable de l’affaire m’échappe un peu…beaucoup. Je pressens même que la probabilité de harponner un ban de Doudous vient de baisser d’un seul coup. C’est vrai, ce sont toujours les filles maquées (plus belles plus sûres d’elles) qui se font draguer ! Bref, pour retrouver mon sex-appeal, faudrait d’abord… récupérer Roger. CQFD.
Pourquoi j’écoute quand même ? Va pour le prix de gros ! Je joue sur l’effet volume, j’attaque sur tous les fronts et je place mes dix pions… C’est comme le loto, plus tu joues, plus t’as des chances de décrocher le gros lot.
« Ca arrive toujours quand on s’y attend pas »
La copine de Gégé, elle a rencontré l’homme de sa vie en renvoyant par colis les affaires de son ex petit ami . Elle avait bien prévu les deux heures d’attente au guichet mais pas que le postier la rappellerait !
Pourquoi ça m’énerve ? Parce que ça n’arrive jamais mais que je m’y attends toujours. En mini-jupe-escarpins au bar branché parisien comme en achetant mon pain décalquée le lendemain matin. Même chez moi, je ne me démaquille jamais… au cas où le voisin viendrait me taxer une bouteille de lait !
Pourquoi j’essaie quand même ? C’est prouvé : mieux vaut jouer la fille détachée (et faire envie) que la chercheuse désespérée (et faire pitié). Bonus : je profite de la soirée.
« T’es trop difficile ! »
Le pote plus-que-lui-drôle-tu-meurs, le voisin plus-serviable-qu’un-boy-scout et le collègue assujetti à l’ISF : j’ai dégagé tous les mecs que Gégé m’a présentés. « T’attends Brad Pitt en plus jeune ou quoi ? » me demande-t-elle désespérée…
Pourquoi ça m’énerve ? Message (à peine) caché de Gégé : c’est la faute à ma mauvaise volonté si je ne suis pas maquée. Message reçu comme un coup de poignard : je devrais me contenter d’un compte en banque ou d’une blague carambar !
Pourquoi j’écoute quand même ? Pas question de revoir tous mes critères au rabais. De là à espérer un Top model prix Nobel de physique et de camaraderie…
« Tu trouveras personne si tu restes enfermée ! »
DVD loué, plateau-sushis commandé et masque-gommage étalé : je m’apprête à loquer pénard devant la télé. C’était sans compter sur Gégé qui harcèle mon répondeur pour me traîner en soirée. Argument number one : y aura plein de célibataires à choper !
Pourquoi ça m’ énerve ? Pas le droit, pour la célibataire, d’être fatiguée mantée par sa télé, mais le devoir d’être toujours prête et motivée pour la moindre soirée. Au risque de se voir taxée de Bridget Jones consentante.
Pourquoi j’écoute quand même ? C’est pas en peignoir-crème de soir scotchée devant la saison 3 de Grey’s anatomy que je vais rencontrer l’homme de ma vie !
« T’inquiète pas, t’as tout pour toi »
Gégé n’arrête pas de me le répéter : c’est sûr, je vais finir par trouver. C’est vrai, je suis mignonne, intelligente, sympas, et drôle avec ça !
Pourquoi ça m’énerve ? Tout bien réfléchi, il y a des choses qui m’énervent beaucoup plus dans la vie. D’ailleurs si elle pouvait ajouter brillante, charmante, intéressante voire carrément passionnante…
Pourquoi j’écoute quand même ? Parce que c’est vrai. Les hommes doivent vraiment être aveugles pour ne pas le remarquer…
15 mai 2007
Les 5 commandements du mariage heureux
Inutile de jouer les hyprocrytes heureuses, mariage chez le voisin = déprime dans son coin ! Et que la célib' qui ne l'a jamais pensé me jette... le bouquet de la mariée sans plus tarder !! Mais quand t'as pas le choix... eh ben t'y vas ! Et une fois là-bas, un grand sourire tu arboreras !
1. Des coulisses de l’organisation tu t’éloigneras
Tu coaches la future mariée à UNE séance essayage-de-robes et te voilà consultée pour le chapeau de la p'tite soeur ou la police du faire-part. De quoi déprimer (et t’ennuyer) pendant toute une année !
The solution : Crie tôt et fort que pour toi le mariage c'est comme l'oignon : bon à manger mais douloureux à préparer. Enfin, surtout depuis que Juju t'as dégagée ou que tes parents ont divorcé. Dans un mélodrame pire qu'un épisode de Dallas qui plus est...
Moi je : Perso, j'ai employé les grands moyens avant le mariage de ma petite soeur: un voyage de quelques mois en Asie, un téléphone portable couleur locale et forfait (que) national, plus quelques bugs sur ma boîte mail (désolée les gars mais c’est pas La City ici) !
2. Pour la messe, des boules quiès tu prévoieras
Entendre pour la 1000ème fois que sans amour tu n’es RIEN ? Que toutes les richesses que t’as économisées, que toutes les langues du monde et la connaissance de Dieu que t’as mémorisées ne te servent à RIEN ? T’es maso ou quoi ?
The solution : Arrive en retard, bavarde avec ton voisin du banc du fond, mitraille de photos les mariés et l’assemblée, surveille les enfants d’honneurs voire sors dehors les bébés qui pleurent. T’entends toujours ? C’est le moment de dégainer tes doigts dans l'oreille, ton MP3… ou tes boules quiès, c’est plus discret !
Moi je : Ma cousine Juliette m’a supplié de lire quelques mots au micro. J’ai carrément posé une option sur tous les textes-fleuves qui inondaient d’amour. Résultat ? Je me suis tellement concentrée sur l’articulation que j’ai laissé tomber la compréhension…
3. Ta grand-mère comme la peste tu fuiras
Des personnes bien intentionnées ont beau l’avoir briefée, elle ne peut pas s’empêcher de vous harceler : « Et toi quand est-ce que tu te maries ? Avant que je meure, j’espère, ma petite chérie ! ».
The solution : La plus radicale : bien cachée sous ton chapeau, tu te fonds, incognito, au peloton collé aux gâteaux. La plus soft : tu lui cours après pour l’embrasser. Vite fait : t’as plein de gens à saluer et les serveurs à aider ( !).
Moi je : Come-back sur mon mariage post-trip en Asie. Même pas eu le temps d’ouvrir la bouche, la mère-grand, que je lui avais déjà raconté en long en large et en travers, les 24h d’avion, les gamins des rues et les jolies rizières. Je l’ai peut-être soulée mais au moins, j’ai eu la paix !
4. Tout-absolument-tout tu critiqueras
S’extasier sur la beauté de la mariée, s’attendrir du sourire de son bien-aimé ou applaudir leurs baisers échangés devant toute l’assemblée, c’est un truc de filles maquées ! Toi, désolée, mais tu dois te blinder !
The solution : Une fois n’est pas coutume, réveille « la langue de pute » qui sommeille tout au fond de toi. Point de départ : dégoter un(e) autre vipère-partenaire (pas facile, j’en conviens, au beau milieu de tous ces petits saints !!!). Quelques cibles faciles pour te mettre… en langue : la choucroute sur la tête de la belle-mère, le discours alcoolisé du papa tout troublé, le sosie de Gilbert Montagné en guise de DJ… Après quelques heures d’efforts (intensifs) et d’entraînement (actif), vous remarquerez même le ventre ballonné de la mariée qui vient de s’envoyer deux étages de la pièce montée ! Ca soulage, il paraît !
Moi je : promis juré, j’ai essayé de « dauber »… mais aucune mauvaise pensée n’est arrivée !!
5. Un futur mari à la maison tu ramèneras
« Ils se disent oui, tu chopes un mari ». Comme Ségolène Royal, ressors la bonne vieille théorie du gagnant-gagnant. Parce que, contrairement à elle, t’as des chances de gagner-gagner. C’est pas moi qui le dis, c’est le stats !
The solution : Etape n°1 : arrive top sapée, pomponnée, parfumée, épilée, Uvée. Etape n°2 : profite de la communion pour dans toute l’église te balader et les beaux mâles pas (encore) bagués repérer. Etape n°3 : Prétexte une otite pour échanger ta table-de-cousins collée aux enceintes contre une nouvelle bande de copains. Rock effréné (grâce aux leçons prises en prévision) ou discussions collée-serrées (grâce au fromage que tu t’es bien gardé de mangé), à toi de jouer !
Moi je : Eh, ça se saurait si j’avais épousé le témoin des mariés !



