16 novembre 2007
Le wake-boarder
Inutile de mentir, la petite midinette qui sommeille dans notre tête de future trentenaire fantasme (parfois) encore sur les jolis corps de Kelly Slater et de ses potes surfers ! Sur leurs bodies tous bronzés tous musclés qui sautent... les rouleaux (et pas que, dans nos rêves les plus chauds !).
Moi, samedi dernier, j'avais envie de voir du body-art... mais pas dans les musées ! Et comme l'aller-retour Paris-Bali me paraissait un peu compliqué dans la journée, j'ai opté... pour le spot de Cergy. Et comme les vagues ne courent pas les lacs, j'ai troqué la bande à Kelly contre le gang du teleski nautique. Surfer-ski-nautiqueur, même physique !
Bref, j'embarque un de mes colocs (petite rectification : c'est lui qui m'embarque, rapport au fait que malgré mes 9 ans d'inscription dans 4 auto-écoles différentes all over the France, j'ai toujours pas mon permis !).
C'est vrai, on aurait peu attendre l'été (pas que j'ai mon permis, le ski nautique, c'est pas pour les retraités !), mais je HAIS la facilité. Et attendre la vague à se dorer sur le sable, très peu pour moi !!!
Téméraire, yes, mais complètement maso, je dis no ! J'ai quand même recouvert mon bikini Quicksilver avec 4 Damart, des pulls en laine tricotés par Grand-mère, un anorak de ski effet bonhomme Michelin garanti ! Alors évidemment, au milieu de la bande de surfers réchauffés par leur boîte à UV, en sweat à capuche même pas sur les oreilles et lunettes de soleil, j'avais pas trop la classe. Autant dire tout de suite que je faisais même carrément tâche ! En plus, comble du ridicule, je ne portais même pas de marque ! A part mon maillot de bain (mais l'étiquette n'a pas réussi à percer les 45 couches de fringues !)
Avantage de la situation : la honte ne dure que quelques minutes, because si t'espères faire autre chose de ta vie que de la figuration, t'enfiles plus vite que ton ombre ta combinaison. Désavantage de la situation : quand tu ski-nautiques pas toute la saison, t'investis pas dans ton matos maison = tu récupères les vieux restes d'occasion = t'abandonnes l'idée même d'un potentiel défilé de mode on the ponton ! D'un côté : les habitués, qu'enfilent un maillot de bain hawaien au-dessus de leur combi. De l'autre : toi (et ton coloc !) qu'enlèvent le leur, rapport au fait qu'il restait que des tailles prépubères et que si tu peux gagner quelques millimètres... J'ai pas trop osé recycler le bikini au-dessus de la combi, mais à la place, Brian-le-mono m'a gentiment donné un gilet de sauvetage orange disco... vachement plus tendance !
Deuxième étape : entrer en contact avec THE stars of the lac. 1. T'oublies ta bouteille d'Evian au vestiaire et t'achètes avant toute avancée vers le clan des habitués une canette de bière. 2. Tu taxes une roulée au 1er gars qui passe et tu la cônise a little bit. 3. T'apprends par coeur tes fiches Wikipedia spécial vocabulaire de Wakeboarder. 4. Tu demandes l'air de rien s'ils préfèrent prendre le backroll, le whirlybird ou l'elephant en heelside ou en toeside ? 5. Tu fais semblant d'hésiter à boarder, cause que le plan d'eau te paraît un peu butter (plat) today. 6. T'en rajoutes pas trop non plus. Parce que : faut pas perdre de vue que ta crédibilité n'est pas aidée par ta tenue, tu captes juste que dalle au blabla que tu parachutes, ils vont vite découvrir que t'assures pas une figure...
Fini de pseudo hésiter, il faut se jeter... à l'eau ! Et tant pis si :
- je loupe 4 perches avant d'entrer dans le cercle
- je bi-skies (alors que tout le monde wake !!) les jambes écartés d'au moins 2 mètres
- je fais amie-amie avec la bouée à tel point que je délaisse mon ex copine la perche
- je nage avec mes connards de ski jusqu'au rivage
- je marche, pieds nus dans l'herbe... gelée, jusqu'au départ du cable
- j'arrive les doigts de mains et pieds bleutés, les lèvres violettes (et niveau assortiment couleurs, c'est pas ce qui se fait de mieux en ce moment).
La prochaine fois, j'irai draguer dans un club de bridge... Moins physique !!!

